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25 juin 2015

Interview de Steeve Hourdé, auteur de Zone et de Résilience.

Salut les amis,

Aujourd'hui, comme vous l'avez sans doute constaté, je vous poste un article particulier et qui me tient à cœur, l'interview de Steeve Hourdé. J'ai décidé de lancer un nouveau rendez-vous sur le blog c'est-à-dire de questionner les auteurs dont j'apprécie le travail.
J'espère que ça vous intéressera et vous plaira...


Place à l'interview maintenant, attention cet homme n'est pas auteur pour rien, ses réponses sont développées mais c'est très intéressant, je vous invite à la lire en entier !


Interview de Steeve Hourdé, auteur de Zones : chroniques d’un dernier jour et de Résilience, histoire d’un survivant.



  Kerry Legres : Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire un roman d’aventure après un roman d’horreur ? 

Steeve Hourdé : En fait, il y a deux raisons à ce choix.
La première est que depuis l'enfance, j'ai toujours adoré le livre "Robinson Crusöe" de D. Defoe. Je l'ai lu un nombre incalculable de fois et ait toujours été très attiré par ce thème de la survie en milieu hostile, teintée d'aventure et d'exotisme. C'est d'ailleurs ce roman qui m'a fait découvrir les plaisirs de la lecture, et plus tard, de l'écriture. Depuis longtemps, j'avais dans un coin de la tête l'idée d'écrire ma propre histoire abordant ce type de thématique, à ma sauce bien entendu !
La seconde raison qui m'a poussé à ce changement d'univers est le fait que l'écriture de "ZONE" a été très longue. La publication de ce premier roman, son lancement, le stress que cela a engendré... tout cela a fait que j'ai eu besoin d'une coupure. La suite de "ZONE" est déjà prévue, mais je ne souhaitais pas me lancer immédiatement dans le même univers. Par peur de la lassitude, et aussi parce que je sentais que j'avais besoin de prendre du recul. L'erreur fatale aurait été de faire une suite trop similaire au premier opus, n'apportant rien de concret à cet univers.
De fait, voulant écrire quelque chose de différent, mon lointain désir d'aventure est revenu au galop.
Au final, la thématique de ces deux romans aborde un point commun qui m'est cher: la survie. J'aime traiter ce sujet sous différents aspects, car il nous ramène aux instincts les plus primaires de l'être humain, à ce que nous sommes tous au fond de nous même. Dans "ZONE", la survie est vue sous le prisme du conflit entre morale et pragmatisme. Dans "Résilience", elle est dépeinte à travers la dualité entre la fatalité et la résilience, justement.
Deux romans, deux genres différents, mais un même univers d'écriture.

Kerry Legres : On remarque un point commun dans ces deux livres d’un genre différent, l’apparition de bêtes mystérieuses. Pourquoi ?

Steeve Hourdé : Comme dit plus haut, ce n'est pas le seul point commun ^^.
Ces créatures qui peuplent mes romans sont là pour différentes raisons. Dans "ZONE", les créatures ne sont en fait qu'un prétexte à l'histoire. Ce qui m'intéresse le plus, c'est la monstruosité dormant dans le cœur de mes personnages. Cependant, il me fallait un antagoniste commun, un croquemitaine rôdant dans la zone. Cristallisant les principales phobies : ainsi est né le "Faucheur".
En ce qui concerne "Résilience", je pense qu'un roman de survie sans la moindre adversité ni touche fantastique aurait lassé le lecteur. Je ne me voyais pas me contenter de raconter en détail comment Robin allait faire sa toilette ou détailler chaque arbre ou rocher qu'il rencontre. Pour servir ma thématique, il lui fallait de l'adversité. Il lui fallait la peur, le danger, l'angoisse oppressante de l'inconnu.
De plus, j'ai toujours eu une passion pour les créatures peuplant l'univers de "Résilience", que je souhaitais partager avec mes lecteurs. Mais je n'en dirais pas plus... Pour en savoir davantage, il faudra lire le roman ! 

Kerry Legres : Qu’aimez-vous lire ? 

Steeve Hourdé : Je ne suis pas un grand lecteur, je dois l'avouer. Par manque de temps, tout simplement. Entre la vie de famille, le travail, les travaux domestiques, et l'écriture... il ne me reste que peu de temps à consacrer à la lecture.
En ce qui concerne mes goûts, j'adore les romans de Michael Crichton et Dan Simmons*, qui sont vraiment deux références pour moi. Il m'arrive également de lire d'autres auteurs, notamment Max Brooks dont j'adore le travail.
Au niveau des genres, je lis essentiellement du thriller, dystopie, post-apocalyptique...
Enfin, mon petit péché mignon reste les mangas. J'en ai lu des dizaines, ce qui fait en tout quelques centaines de volumes reliés... Je suis réellement passionné par cet univers. Je me sens d'ailleurs plus proche du manga que de la littérature. J'aime ce style de narration, très visuelle bien entendu, mais travaillée et surtout intelligente. Certains mangas sont réellement très profonds, tant au niveau thématique que narratif, mettant en scène des personnages forts et maîtrisant avec virtuosité l'intensité dramatique. J'ai énormément appris ainsi, ce qui a en partie façonné mon style d'écriture très visuel et incisif. 

Kerry Legres : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Avez-vous toujours voulu être auteur ?

Steeve Hourdé :  Question difficile... car elle casse le mythe de l'auteur né pour écrire. Non, je n'ai pas toujours voulu être auteur. En fait, je n'y avais jamais vraiment pensé avant il y a quelques années.
Sorti des travaux scolaires ennuyeux, je n'avais jamais écrit avant l'âge de treize ans. N'éprouvant pas le moindre intérêt pour l'écriture. Par contre, j'aimais les jeux de rôle. Beaucoup. A tel point, qu'avec deux amis nous nous sommes mis à créer de nos propres mains de véritables jeux de rôle de plateau, dotés bien entendu d'un scénario. Ainsi est né mon premier bébé. Un cahier de 300 pages écrites à la main, racontant un bon vieux scénario dans le plus pur style fantasy... dont je ne parlerai pas. C'était sympa. Devant le succès mondial que ce scénario a connu auprès d'environ deux personnes, je me suis dit que ce serait dommage de tout perdre. S'en est suivi une première tentative de roman, d'assez piètre qualité, bien vite mise au placard. Le lycée a apporté une petite période amusante à laquelle je me suis essayé à la poésie instinctive, sans aucun travail préparatoire. La fac m'a fait découvrir les ateliers d'écriture, dans lesquels je me suis acharné trois années durant à produire des textes plus loufoques les uns que les autres. C'est aussi à la fac de Lettres que j'ai affirmé mes convictions d'écriture : je n'aime pas la grande littérature. J'aime raconter des histoires. C'est là qu'est née ma devise: "Esprit simple n'est pas simple d'esprit.".
Quelques temps après la fin de mes études, je n'avais toujours pas réécrit. Pas le temps, pas l'envie. Et puis est venu un projet un peu dingue : l'envie de me lancer dans le métrage amateur. Ce fut vraiment de supers moments, dont je parlerais peut-être un jour sur mon blog d'ailleurs...
Mais une fois encore, cela a fait "pschiiiit". La réalité de la vie faisant qu'il était impossible de réunir les personnes pour les tournages, et le décès prématuré rencontré par mon PC de l'époque anéantissant tout ce travail.
Et ce fut le nouveau déclic, comme dix ans auparavant. Et si je transformais tout ça en une version texte ? Ainsi, plus de contraintes de budget, de technique... Et pourquoi pas ?
Ainsi est né mon premier roman, pas encore publié, mais qui sortira je pense en 2016. Ça me plaisait, j'avais vraiment trouvé quelque chose qui me plaisait. Une passion. Deux autres enfants, des changements professionnels, et à nouveau plusieurs années de pause.
Ce n'est qu'en 2014 que je me suis lancé un défi après avoir pris un moment de réflexion personnelle sur ce que je voulais faire de ma vie. Je voulais réécrire. Mais cette fois, pas de saga au long cours. Pas de projet pharaonique. Juste un roman. Un premier roman, en "one shot". Un début, une fin, 300 pages environ. Et puis pourquoi pas tenter un truc totalement nouveau ? Un thriller ? Allez, c'est parti.
Ce fut le début de l'écriture de "ZONE" et la naissance d'un premier blog sur lequel j'ai partagé mes premiers essais. Dans la foulée, j'ai écrit "Résilience" et me voilà.
C'est un parcours un peu chaotique, que je décris ici en toute humilité et sincérité. J'aime ce que je fais, c'est une véritable passion, mais nous sommes loin de l'image romanesque qu'on se fait traditionnellement d'un auteur.

Kerry Legres : D’où vient votre inspiration et imagination ? 

Steeve Hourdé : Sans doute d'un endroit de mon cerveau que je ne saurais pas nommer. Je réfléchis au sujet de mon prochain roman. Ensuite je me demande de quoi je veux parler, quels sont les thèmes à aborder. Puis je développe, je crée mes personnages, et surtout je recherche toujours l'utilité.
J'ai envie de dire que je construis un roman plus que je ne l'écris. Je ne mets pas de superflu, chaque chapitre a un but clair, chaque péripétie rencontrée par mes personnages entre dans un objectif bien déterminé. Et chaque fois, je pars de mon contexte additionné à mes personnages, je regarde mon objectif, et ensuite j'écris le cheminement. Ce pragmatisme se retrouve clairement dans mes écrits à travers les comportements de mes personnages. Ils ne sont pas "imaginés". Ils sont affreusement réalistes. 

Kerry Legres : Dans quelles conditions écrivez-vous ?

Steeve Hourdé : Dans le séjour, sur un petit bureau totalement encombré, avec mon épouse qui râle car je tape trop fort sur le clavier...  Pour faire plus précis, je vous invite à consulter cet article : http://ark-romans.blogspot.fr/2015/01/dis-moi-comment-tu-ecris.html  (non ce n'est pas de la pub déguisée ^^.  C'est juste plus simple. )

Kerry Legres : Que pense votre entourage de vos romans ?
 
Steeve Hourdé : J'ai le soutien de mon épouse, ma belle-mère, mes parents et quelques amis. Mais dans l'ensemble, la plupart de mon entourage ou de ma famille est plutôt dans l'indifférence. Je ne suis pas du genre à crier sur tous les toits que j'écris ou à me promener déguisé en homme-sandwich pour parler de mes romans.

Kerry Legres : Visez-vous un lectorat particulier ?
 
Steeve Hourdé : Étant donné que je suis un inconnu perdu dans l'anonymat le plus complet, je n'aurais pas la prétention de viser un lectorat plus qu'un autre. Tous les lecteurs sont les bienvenus !

Kerry Legres : Pourquoi ce choix de l’autoédition ?

Steeve Hourdé : Oulà, sujet vaste et très complexe. Pour faire court et simple, je veux être indépendant. Je vais répondre à l'envers : "Pourquoi ne pas avoir choisi l'édition traditionnelle.".
Je n'ai pas envie d'envoyer mon texte aux maisons d'édition pour qu'il soit de toute façon jeté à la poubelle car pas pistonné, étant donné que c'est un milieu particulièrement fermé. Attendre des mois, parfois des années, pour recevoir un courrier-type de refus ? Pour ensuite me voir proposer un magnifique contrat dans lequel l'éditeur prend une marge avoisinant 95% des bénéfices... alors que c'est quand même (juste un peu) l'auteur qui écrit le roman ... Pire encore, voir un éditeur demander une refonte du texte pour y faire ajouter "plus de sexe, car le sexe ça fait vendre."...
Bon à la limite, ce ne sont que des détails. La principale raison qui fait que je n'ai pas voulu travailler avec un éditeur réside dans le fait simple que je suis l'auteur du texte. Je n'ai pas envie de céder mes droits à un éditeur qui fera du business dessus pour s'en mettre plein les poches. Je veux conserver la paternité de mes romans, pour que ces droits d'auteur reviennent à mes enfants plus tard. Plus qu'un héritage financier, c'est un héritage humain que je veux leur laisser. C'est mon œuvre, une trace que je laisse. Peu m'importe de ne pas vendre des millions d'exemplaires, ca restera mes écrits.  Il en va de même pour les droits d'adaptation. Je frémis à l'idée de voir un jour un de mes romans être adapté au cinéma par un réalisateur venu des bas fond (pas de noms, mais il y en a quelques uns qui me font cauchemarder...), sans avoir mon mot à dire sur le script. J'ai la rougeole rien qu'à l'idée de voir "ZONE" devenir un gros nanar qui tâche, ou "Résilience" transformé en comédie romantique...
Alors bien sûr, j'ai déjà entendu "les éditeurs ne sont pas tous comme ça". Je veux bien le croire. J'ai même déjà eu des contacts avec des éditeurs et des propositions de contrat d'édition. Mais je n'ai pas confiance. Je suis peut-être le dernier des crétins, mais je ne laisserait pas mes écrits entre les mains d'une société à but vachement lucratif.
Cependant, je ne reste pas totalement fermé à l'idée de travailler avec un éditeur. Si celui-ci veut VRAIMENT publier mes textes et se contente d'un rôle de diffuseur, ça me va. Je veux conserver mes droits d'auteur et mes droits d'adaptation (ou au moins un 50/50) et je souhaite conserver les couvertures existantes pour mes deux premiers romans. Exigeant ? Oui. C'est le privilège de l'indépendance. Je reste un rêveur un peu dingue et passionné.
Je vendrais peu, je ne serais probablement jamais connu, mais je prendrait autant de plaisir à voir des lecteurs qui aiment mes romans. L'argent ou la notoriété ne vaudront jamais la passion.

Kerry Legres : Aimeriez-vous une adaptation cinématographique ? Si oui, quels acteurs imaginez-vous ?

Steeve Hourdé : En effet, ce serait vraiment quelque chose de génial ! Mais uniquement s'il s'agit d'un projet sérieux mené par un réalisateur de qualité. Voui, je fais le difficile.
Je ne me suis jamais vraiment posé la question de quel acteur pourrait jouer quel rôle... mais là tout de suite, je verrais bien Kieran Wallace incarné par Christian Bale et Jim Caviezel dans le rôle de Markus Griffith. Alléchant, non ? Utopiste, oui.

Steeve Hourdé : Voilà pour ces questions. Merci à vous d'avoir lu cette interview, et merci à Kerry Legres pour m'avoir invité à me prêter à ce jeu !

Voilà pour cette interview, je remercie encore Steeve Hourdé d'avoir bien voulu répondre à mes questions et j'espère que ce billet vous aura plu...

* Auteurs cités dans le livre Résilience.

A bientôt les amis,


13 commentaires:

  1. J'adore cette première interview, j'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres !!!

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    1. Merci, j'ai été très contente de réaliser cette première interview avec un de mes auteurs favoris ;)
      Et oui, j'espère aussi, il y en a une autre de prévue et le reste à voir !

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  2. Bon je disais justement hier que je voulais absolument lire ces deux romans, mais si en plus Monsieur est un adepte de Crichton, je me demande encore ce que j'attends pour les commander... =D

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    1. Ah ben voilà, si t'avais encore un doute pour passer commande, maintenant t'as plus de raison de ne pas le faire :p !
      (honte sur moi, je ne connaissais pas ces deux auteurs perso, mais je vais y remédier^^)

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  3. Fonce sur Jurassic Park et Le Monde Perdu ! :D

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    1. Tu vois gamine j'étais fan de ces films, et depuis j'ai jamais cherché à savoir s'il y avait les livres ^^ je suis pas maligne des fois :p
      Mais ne t'en fais pas que je vais les lire !!

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    2. Ah oui, je vous les recommande aussi. Ils sont à des années lumière des films, qui ne restent que du divertissement-spectacle.
      Je suis certain qu'ils vous plairont ! Ces deux romans font en tout cas partie de mes références, et c'est avec plaisir que je les ai lu et les relirai des dizaines de fois !

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    3. Oui, je suis sûre que les livres sont d'autant plus intéressant ! J'espère qu'ils me plairont mais je n'en doute pas ;)

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  4. Une chouette interview aussi drôle et sans prise de tête que l'auteur. Je suis heureuse d'avoir découvert ce blog ! :D

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  5. Dommage qu'il n'existe pas de format papier... Tu m'avais tellement bien vendus ZONE... ^^ grrrr Saleté de numérique haha !

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    1. Il existe en papier !! :D bonne nouvelle alors ;) Résilience ET Zone ;) ce sont les nouvelles en ebook ;)

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  6. Je crois que c'est sur ton blog que j'avais entendu parler de Zone, justement. Je ne l'ai pas encore lu, mais il figure en bonne place dans ma wish-list.
    C'est une bonne idée ces interviews en tout cas. (Et dans le cas de cet auteur en particulier, il a l'air d'avoir pas mal d'humour)

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